Autisme : de nouvelles recommandations pour le dépistage et la prise en charge

iagnostic plus précoce, mobilisation des personnels des crèches, des écoles et du médecin pour les enfants, inclusion en milieu ordinaire, mise en œuvre de leurs droits pour les adultes... la Haute autorité de santé (HAS) a émis le 19 février 2018 un ensemble de recommandations concernant les malades autistes.
Les troubles du spectre autistique (TSA) affectent différents champs du développement de l'enfant : le langage, la sociabilité, le développement moteur et sensoriel. Leur origine n'est pas encore connue et il n'existe aucun médicament spécifique, mais une prise en charge adaptée et personnalisée permet de vivre avec le handicap dans de meilleures conditions.
À la veille de la présentation du 4e Plan autisme, la HAS propose de nouvelles recommandations élaborées avec les personnes autistes, leur famille et l'ensemble des professionnels de l'univers sanitaire et médico-social. Il s'agit d'une part de l'actualisation des recommandations sur le diagnostic précoce du trouble chez l'enfant (possible dès 18 mois si les signaux sont identifiés et pris en compte), et d'autre part, en collaboration avec l'Agence nationale d'évaluation des établissements et services sociaux et médico-sociaux (Anesm), de la première recommandation sur les interventions à organiser pour les personnes adultes, en vue de leur accompagnement vers l'autonomie, de leur inclusion dans la vie de la cité et du respect de leurs droits.
Recommandations pour les enfants
Le diagnostic devra être réalisé le plus tôt possible afin de mettre en place sans attendre des interventions personnalisées et coordonnées pour favoriser le développement et les apprentissages ;
Les personnels des crèches et des écoles devront être mobilisés pour porter une attention particulière et continue au développement de la communication sociale de chaque enfant ;
Le médecin traitant est l'acteur clé pour établir un premier bilan et initier les premières actions sans attendre. Il devra consacrer une consultation dédiée à la recherche de signes de l'autisme ;
Le diagnostic devra être confirmé par des équipes spécialisées qui cibleront l'ensemble des interventions à mettre en œuvre ;
Les parents devront être accompagnés dans les démarches les amenant à un projet d'interventions personnalisé, élaboré avec eux et initié le plus rapidement possible.

Recommandations pour les adultes
Il faudra assurer les droits de l'adulte autiste (le droit à la non-discrimination en raison du handicap, à la dignité et à l'intimité, à une vie personnelle, privée et familiale, la liberté d'aller et venir, de faire ses propres choix, le droit d'accès aux soins, à l'exercice de ses droits civiques, à un logement...) et l'associer à chaque décision concernant sa vie ;
L'inclusion en milieu ordinaire devra être privilégiée afin de favoriser l'insertion dans la société ;
La construction d'un projet personnalisé devra permettre de maintenir les acquis et de développer de nouvelles compétences pour favoriser l'autonomie ;
Les interventions devront prendre en compte l'entourage familial en accord avec l'adulte autiste. Le soutien, l'écoute, l'information et la formation sur l'autisme et l'accompagnement des aidants, l'aide pour trouver des solutions de répit (aide à domicile, structure d'hébergement temporaire...) seront également encouragés ;
Le soutien dans différents domaines du quotidien devra être mis en place pour favoriser l'autonomie et la socialisation (valorisation des compétences possibles, aides pour l'accès aux études, à la formation et à l'emploi, pour les activités culturelles, sportives ou de loisirs...) ;
Une vigilance particulière devra être accordée à l'état de santé, physique et psychique, de l'adulte autiste afin de repérer des comportements problématiques (agressivité, automutilation...) ou des troubles psychiatriques associés (dépression, troubles anxieux,...).

À savoir :
La fréquence de l'autisme augmente depuis les années 2 000. Ce trouble touche 100 000 jeunes de moins de 20 ans et près de 600 000 adultes en France.

Publié le 26 février 2018 - Direction de l'information légale et administrative (Premier ministre)


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