Surdité : des cellules souches pour améliorer l'ouïe

Des chercheurs sont parvenus à "réparer" des neurones auditifs endommagés de rongeurs à partir de cellules souches embryonnaires humaines.

La surdité a des origines très variées. Parfois, il arrive qu'elle soit due à l’altération des cellules sensorielles de l’oreille. Dans ce type de cas, il est possible d'équiper les patients d'un implant, offrant des résultats plus ou moins satisfaisants. En revanche, lorsque la surdité est due à un problème repéré au niveau des neurones auditifs, l’implant n’a aucun effet. Pour ce type de cas, les chercheurs tentent de découvrir une méthode permettant de traiter directement les neurones auditifs endommagés.

Et il semblerait que des scientifiques de l'université de Sheffieldque soient sur une piste très intéressante : l'équipe vient en effet de découvrir que des cellules souches embryonnaires et la thérapie génique permettraient de traiter la surdité de manière durable. Ils sont même parvenus à rendre en partie l’ouïe à des petits rongeurs sourds grâce à l'injection de neurones issus de cellules souches humaines.

Les gerbilles ont été choisies pour cette étude car leur spectre d'audition est très proche de celui de l'homme, qui capte en général les sons situés entre 10 et 20.000 hertz. Les animaux ont d'abord été rendus sourds d'une oreille grâce à l'injection d'un produit toxique pour détruire leurs neurones auditifs. Les chercheurs ont ensuite greffé les cellules à la moitié d'entre elles dans l'espoir qu'elles les régénèrent. Et là, bingo ! Au bout de 10 semaines, les scientifiques ont constaté que les cobayes traités avaient retrouvé en moyenne 46% de leur audition. A l'inverse, les gerbilles qui n'ont pas reçu d'injection sont restées sourdes.

"S'il s'agissait d'un patient humain, cela serait comme passer de sourd au point de ne pas pouvoir entendre un camion dans la rue, à être capable d'avoir une discussion dans cette pièce", a expliqué l'auteur principal de l'étude Marcello Rivolta. Toutefois, celui-ci a tenu à préciser "qu'il ne s'agit pas d'une restauration totale".

C'est donc un résultat encourageant. Mais il faudra attendre encore plusieurs années avant de voir ce traitement appliqué à l'homme : si aucune anomalie n'a été détectée chez les gerbilles, le risque de ce type de thérapie est de donner naissance à des tumeurs. D'autres recherches sont donc nécessaires pour s'assurer qu'il s'agit bien d'un traitement inoffensif.

Publié le 16 septembre 2012


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